Trois mois en Hongrie : le bilan

J’ai triché un peu dans le titre. En fait, ça fait 3 mois et 2 jours que je suis là. J’ai deux jours de retard dans la rédaction de cet article, je l’avoue, mais j’ai beaucoup procrastiné ces derniers jours j’avais beaucoup de travail à finir.

Il s’en est passé des trucs en 3 mois. Même si j’ai toujours l’impression que tout est nouveau pour moi, j’ai l’impression d’être installé dans cette nouvelle vie depuis des lustres. Car s’il y a eu du mouvement (Budapest, Pécs, des voyages…), il y a quand même une unité dans tout ça. Les rencontres (beaucoup de rencontres) et la découverte d’un nouveau pays.

Je ne regrette absolument pas le choix de la Hongrie. Je me suis mine de rien beaucoup attaché à ce pays, et surtout à Budapest, mais aussi à Pécs, bien sûr. Même si j’avais essayé d’en savoir plus avant de partir, je ne peux comprendre la Hongrie que parce que j’y vis et que j’ai pas mal de cours là dessus. Une histoire difficile et chaotique, un pays toujours tiraillé entre pays germanophones et pays slaves, une fierté nationale assez développé… Aimer, la Hongrie, c’est aussi apprendre la langue du pays. Cette langue, je m’y attache finalement, et même si c’est pas toujours facile, on s’en sort. Et puis, j’aime tellement me distinguer. C’est vrai ça, vous connaissez beaucoup de gens qui parlent hongrois? OK, je suis pas bilingue, mais j’y travaille…

D’ailleurs à ce propos, durant ces trois mois, j’ai aussi découvert ce que c’était vraiment, ERASMUS. Bien sur, c’est plein d’étudiants d’Europe qui se retrouvent pour faire une année ou un semestre d’étude dans une autre ville européenne, grassement financés par le contribuable européen. Soit. Ca, c’est le côté que j’aime bien, sympathique, genre « on parle pas la même langue, mais on s’en fout, on trouve toujours un moyen de se comprendre » et « on se connaissait pas y’a 2 heures, mais on s’en fout aussi, on a qu’à prévoir de partir ensemble en vadrouille le week end prochain ». Par contre, c’est aussi « je me bourre la gueule et je m’en fous parce que je suis pas chez moi », « les hongrois ils parlent pas anglais ils sont trop nazes ». Dans la séries des histoires vécues, j’ai le « Pécs? Jamais entendu parlé! » (français étudiant à Budapest depuis plus d’un mois – je rappelle que Pécs est la capitale européenne de la culture, la 5ème ville du pays, la première université de Hongrie et sa région produit une bonne part du vin qu’il boit) ; et il y aussi le « tu sais moi, je reste qu’un semestre, alors je vais pas apprendre le hongrois, ça me servira jamais après ». Hein hein.

Le gang de Budapest

Depuis 3 mois, j’apprends aussi à partager ma chambre. Bien sûr, c’est pas toujours très confortable, mais en fait, on s’y fait bien vite, et c’est pas si gênant que ça. Il ne faut pas oublier que dans beaucoup de pays (Europe centrale, mais aussi Etats-Unis ou Japon), c’est totalement normal de partager sa cambre quand on est étudiant. J’ai un peu plus de mal avec la vie dans mon dorm, même si on s’y fait aussi. Mais le bruit jusqu’à tard-le-soir, les ragots qui courent plus vite d’un TGV (oui, j’ai encore des références franco-françaises), les gens qui savent pas nettoyer après avoir fait la cuisine, au bout d’un moment, ça use. Mais bon, ça a aussi pas mal de bons côtés, et vu le prix (je vous laisse convertir 18.000 Ft en euros et non je ne vous aiderai pas à financer votre loyer de niveau « Europe de l’ouest »).

En 3 mois, j’ai pas mal voyagé, comme vous avez pu le voir sur mon blog. Et j’espère que c’est pas fini. La Hongrie, c’est au milieu de l’Europe mine de rien, et voyager en Europe centrale est assez accessible financièrement. Et puis, comme on dit, les voyages forment la jeunesse. Au programme, Prague en janvier, sûrement Szeged (sud de la Hongrie) très bientôt ; et puis pourquoi pas un tour dans les Balkans et une petite excursion slovène.

C’est aussi un cercle totalement nouveau d’amis, qui vont partir dans un peu plus d’un mois seulement pour la plupart. Beaucoup ne restent qu’un semestre. Ca veut dire aussi que beaucoup est à venir! Les amis, c’est d’abord ceux de Budapest, bien sûr. Je n’y vis plus mais j’y retourne régulièrement, comme vous l’avez peut-être constaté. Mais c’est aussi Pécs, avec les français, mais aussi tous les autres, qui font le quotidien.

Un bout du dorm...

Mais mine de rien, le reste de l’année va passer assez vite. Retour pour un mois en France en Décembre/Janvier, puis début d’un nouveau semestre. Après seulement deux petits mois (et normalement j’aurai pas mal de visite), retour en France pour des raisons néo-natales (comprendra qui voudra) pour les vacances de printemps, et fin du semestre en mai! Pourquoi pas finir sur un stage? C’est à voir…

Continuons ce bilan très organisé, vous l’aurez remarqué (par contre, désolé pour le plan Sciences-Po en deux parties…) et parlons maintenant de la fac. Bon, je suis pas over-booké avec mes 12 heures de cours par semaine. Il y a du boulot à la maison, mais c’est surmontable, même en s’enfuyant tous les week-ends. Pas mal de cours sur la Hongrie et l’Europe centrale : de l’histoire, des problèmes politiques (minorités ethniques, roms), et un peu de sciences politiques classiques. Un fabuleux cours en français, souvent plus difficile à suivre qu’un cours en anglais. « Les territoriales hongroises… » « Ah? La Hongrie? ».

Si la Hongrie devient peu à peu mon pays d’adoption, Pécs tend à devenir ma ville. Il y a déjà Le Havre et Lyon dans mon coeur et concourir dans cette catégorie est très dur, mais quand même, on s’y attache. On a ses repères, ses habitudes, ses souvenirs et sa routine qui se crée peu à peu.

D’un point de vue blogististique (je me permets d’inventer des mots), je suis assez content du résultat. Je me surprends par la fréquence des mises à jours, je m’éclate à faire ça et je suis content de voir que je suis lu. J’ai déjà quelques idées pour la suite, bien sûr! Merci donc pour vos lectures et vos commentaires. Et merci à mes coupains expatriés de jouer le jeu, eux aussi, avec leurs blogs, que vous pourrez trouver, je le rappelle, dans la blog-list à votre droite.

J’espère que je n’ai pas été trop long et qu’il y a autant de monde à la fin de l’article qu’au début. Pour éviter de perdre plus de lecteurs, je passe tout de suite à la conclusion (je ne vais quand même pas laisser ce beau texte sans fin…).

Vous l’aurez compris, je me sens très bien dans cette nouvelle vie, même si oui, des fois, la vie d’expatrié comprend des coups de blues. Mais puisqu’il s’agit ici d’un bilan, je dirai qu’il y quand même beaucoup plus de hauts que de bas! Je me sens plus européen que jamais, et ça fait du bien de voir du neuf.

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    • Ninès
    • 2 novembre 2010

    Mon Vicou!
    Sûrement ton plus bel article de ce blog! Si partager ses voyages et ses découvertes est déjà formidable, partager ses impressions en dit beaucoup plus sur son aventure.
    Je suis heureuse de voir que tu te plais autant en Hongrie, mais tu sais, je ne doutais pas une seconde que tu ne t’y plairais pas!
    un gros baiser romain à mon pécsois préféré (oui hein, ya pas que toi qui invente des mots^^)

  1. Oui, c’est le coeur qui parle ! Non super article et ça fait plaisir de voir que le moral est au plus haut, les découvertes nombreuses, et que finalement le Havre…^^

    Continue de t’éclater, de voyager parce qu’au fond les heures de cours sont pas les plus importantes…

    A bientôt;

    l’ami dijonnais (qui a trouvé de la moutarde à santiago, de la vrai ^^)

    • Solène
    • 3 novembre 2010

    Waou, beau bilan! (à comprendre, beau et long! Mais j’ai persisté jusqu’au bout! Tu donnes des bons points de lecture?)

    Ta Hongrie vend vraiment du rêve! J’ai trouvé pas mal de vécu dans ta description d’Erasmus, en ce qui concerne l’alcool et le « m’en fous,j’suis pas chez moi » bien sur, mais aussi sur les conceptions pour le moins originales de la propreté (et tu me connais, ça me contrarie quelque peu!)

    Bonne suite dans cette vie pleine et intense!
    Je t’embrasse fort!

  2. Un article qui me plait énormément! Et qui me rappelle pas mal de vécu aussi, notamment sur l’apprentissage de la langue du pays d’accueil… L’anglais paraissant être pour certains la langue que parlent naturellement les danois…

    Et oui, déjà trois mois, le temps passe très vite en Erasmus, mais les moments que nous vivons sont particulièrement intenses, et font que cette expérience est une chance unique de nous ouvrir aux autres cultures qui font que notre planète est si belle.

    Bonne continuation mon vicou,

    Biz

    • thibaut
    • 6 novembre 2010

    Yop Vicou ^^.
    Ça fait plaisir de voir à quel point t’aimes ce que tu fais, même si du peu que je te connais le contraire m’aurait étonné :). Tout ce que je peux te souhaiter c’est que toute l’année se passe de la même façon ^^.
    Pour ce qui est de l’alcool et du « je m’en fous parce que je suis pas chez moi » je crois que c’est assez général, même si c’est peut-être plus marqué en erasmus…

    Vivement ton mois de vacances ^^.

    Boujou Vicou.

    • mouette
    • 17 novembre 2010

    Bon, mais concrètement, ils sont où les TGVs qui courent ? Pasque t’essaies de nous endormir avec des néologismes chics et tu balances des infos SNCF invérifiables aussi. Non mais !

    Enjoy Bison, enjoy, ça passe vite !

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